Alain Deneault: « la médiocratie génère et promeut un citoyen résolument moyen »

Publié le 16 octobre 2015, dans Revue de presse

Dans un monde où les licenciements se déguisent en « plans sociaux », où l’écologie politique rapetisse en « développement durable » et où la « gouvernance » se substitue à la démocratie, quels mots restent-ils à la lutte ? Sans l’intensité de la langue, la vie de la cité et celle des idées voient leurs débats réduits à des artifices de langage, des fétiches que Freud aimait appeler « petites différences », où celui qui ose monter le ton est disqualifié par l’épithète « extrémiste » tandis que les autres courent après un « juste milieu » rêvé. Pour Alain Deneault, qui enseigne la « pensée critique » en science politique à l’université de Montréal, ce nouveau régime auquel il consacre un ouvrage à paraître, « la Médiocratie », n’est pas qu’un désarmement intellectuel : il constitue aussi l’outil du démantèlement de la souveraineté des États au profit de celle des multinationales. Entretien.

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Sylvain Lapoix, L’Humanité, 16 octobre 2015