Cours, saute, vote !

Publié le 9 novembre 2017, dans Revue de presse Cours, saute, vote !
Aux États-Unis, le sport n’a jamais vraiment été apolitique. Tous les grands combats idéologiques ont trouvé un écho dans les stades ou sur les rings.

S’il est un domaine où continue d’exister un abîme entre l’Europe et les États-Unis, c’est bien le sport. L’isolationnisme américain n’y a jamais vraiment cessé : les trois sports collectifs les plus populaires outre-Atlantique – le football américain , le basket-ball et le base-ball – sont des inventions locales et, s’ils ont pu connaître quelque succès à l’étranger , leur popularité n’y est jamais arrivée à la cheville de celle dont ils jouissent dans leur patrie d’origine. Seul le basket, notamment à partir des années 1990, est parvenu bon an mal an à s’exporter. Il le doit largement à un homme qui, plus encore qu’un joueur d’exception, fut un phénomène marketing. Quand Michael Jordan a commencé sa carrière, le basket avait mauvaise réputation et remplissait rarement les salles. Même les matchs les plus importants n’étaient pas diffusés en direct. Lorsqu’il a pris sa retraite, deux décennies plus tard, la ligue nationale de basket américain (NBA) était florissante comme jamais. Lui-même était un homme d’affaires prospère dont le magazine Forbes évaluait la valeur commerciale à 43,7 milliards de dollars et dont le patrimoine approchait le milliard. Cette spectaculaire réussite eut une contrepartie moins brillante. Grâce à sa popularité planétaire, Jordan disposait d’un pouvoir énorme. Il aurait pu le mettre au service d’une bonne cause, s’élever, par exemple, contre les pratiques néo-esclavagistes de son équipementier Nike en Asie du Sud-Est.

[…]

Baptiste Touverey, Books, novembre/décembre 2017

Lisez la suite ici.

Photo: Aux jeux Olympiques de Berlin, en 1936, l’athlète américain Jesse Owens remporte quatre médailles d’or. Hitler refuse de lui serrer la main. Et le président Roosevelt ne daigne même pas le féliciter. © Library of Congress