Jean-François Nadeau remporte le prix Jules-Fournier

Publié le 23 mars 2017, dans Nouvelles Jean-François Nadeau remporte le prix Jules-Fournier

Le chroniqueur du Devoir Jean-François Nadeau est honoré une fois de plus pour la qualité de son travail, cette fois par le Conseil supérieur de la langue française (CSLF), qui lui a décerné mercredi soir le prix Jules-Fournier, remis chaque année à un professionnel des médias pour la qualité de la langue de ses écrits.

Cet honneur revêt une importance toute particulière pour l’historien et politologue Nadeau, qui connaît bien l’oeuvre du célèbre journaliste. Il a en effet sélectionné les textes de Jules Fournier publiés sous forme de recueil en 2015 aux éditions Bibliothèque québécoise.

« Jules Fournier, c’est un nom extraordinaire dans le monde du journalisme. C’est l’un de nos premiers sociologues. C’était un baveux ultra à la plume acérée. C’était un combattant. Même emprisonné pour ses écrits, il poursuivra son travail », explique M. Nadeau.

« Mon encrier », l’un de ses articles les plus célèbres, fut publié en une de la toute première édition du Devoir. Les premières lignes du texte donnent le ton du personnage : « C’est un bel encrier tout flambant neuf, rempli jusqu’au bord de bonne encre fraîche et claire. Oh ! le merveilleux liquide ! Comme il fera d’agréables éclaboussures sur de certains visages ! »

Une écriture modèle

Le lauréat du prix Jules-Fournier a su se démarquer par l’usage d’un vocabulaire riche, juste et précis, « ce qui fait valoir sa maîtrise des sujets traités et traduit sa grande érudition. De plus, par la clarté de son expression et sa rigueur argumentaire, il sait défendre des idées avec force, nuance et pertinence, explique le Conseil. Son écriture est exemplaire et elle peut servir de modèle pédagogique. »

Le lauréat reçoit une bourse de 2000 $ et un parchemin calligraphié, signé par le président du CSLF.

« Ça me fout la pression, d’être reconnu pour la qualité de la langue, lance Jean-François Nadeau, mi-moqueur, mi-sérieux. J’ai toujours tenté d’écrire non pas pour bien écrire, mais pour communiquer efficacement des idées, ce qui n’est pas toujours facile dans un journal, vu le temps, la vitesse, l’espace qui nous est alloué. De tous les prix possibles, c’est celui qui me fait probablement le plus plaisir, pour tout ce qu’il symbolise. »

L’an dernier, le prix Jules-Fournier avait été remis au collaborateur du Devoir Gary Lawrence. C’est Monique Durand, également collaboratrice du Devoir, qui avait remporté cet hommage lors de sa précédente édition, en 2014.

Le Conseil remettait également mercredi soir le prix Raymond-Charette, offert à un journaliste de la presse radiotélévisée pour sa contribution exemplaire à la diffusion d’un français de qualité. C’est la reporter Maxime Bertrand, d’ICI Radio-Canada, qui a été décorée dans cette catégorie. La lauréate a retenu l’attention du jury par son « souci constant » d’employer une langue « vivante, riche et novatrice ».

Philippe Orfali, Le Devoir, 23 mars 2017

Photo: Archives Le Devoir

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