|
Norman Nawrocki
L’Anarchiste et le diable
Voyages, cabarets et autres récits
Traduction de Claude Brouillard
Découvrez ce qui se passe lorsque Norman Nawrocki et ses collègues de Rhythm Activism décident d’aller injecter un peu de rock’n’roll anarchiste canadien dans les veines de l’Europe.
L’Anarchiste et le diable raconte, avec humour et lucidité, la fascinante histoire de cette tournée européenne. À la fois récit de voyage et journal personnel, on y découvre les dessous de la scène musicale indépendante, où la culture rebelle fait loi. Oscillant entre la réalité et la fiction, L’Anarchiste et le diable nous offre vingt-trois légendes urbaines mettant en scène celles et ceux qui représentent le nouveau visage balafré de l’Europe: le chômeur rêvant de jours meilleurs, l’immigrant, les marginalisés, jeunes ou vieux, qui vivent dans l’ombre. Dans un monde de fantasmes globalisés, ces gens reflètent une Europe en transition, marquée par les tensions politiques et raciales, anciennes et nouvelles, entre l’Est et l’Ouest, les rivalités futures et les cicatrices du passé. Entre les pages de son journal, l’auteur a glissé des lettres d’un oncle excentrique adressées à son père. Car voyez-vous, ce n’était pas une tournée comme les autres. Nawrocki allait profiter de l’occasion pour partir à la recherche de cet oncle... et de ses propres origines. « Je voudrais croire que ces histoires inspireront également d’autres visions, ne serait-ce que pour un moment, ce moment où la vérité et la fiction, la réalité et le rêve se fondent, ce moment où les rêves des étrangers, comme ceux de mes camarades, de mes amis et les vôtres, chers lecteurs, se forment, s’enracinent et grandissent. Joignez-vous à moi et au Diable, et que le cabaret commence. » Musicien, compositeur-interprète, auteur, acteur et producteur, vétéran de la scène underground montréalaise, Norman Nawrocki est acclamé internationalement aussi bien comme artiste de cabaret et violoniste que comme co-fondateur de nombreuses formations telles Rhythm Activism, DaZoque!, Bakunin’s Bum, The Flaming Perogies, The Montréal/Manhattan Project, etc. Évoluant professionnellement depuis 1985 dans le domaine de la musique et de la poésie, il a à son actif 50 enregistrements musicaux et 5 livres de poésie et de fiction, incluant une traduction française d’un recueil de poèmes, Chasseur de tornades.
Bonnes feuilles (format pdf) 183 Ko
|
Parution : 26/04/2006
ISBN : 2-895960-26-7 303 pages 5.5 x 8,5 po 24.65 $ |
||||||||||||||||||||
![]()
Des rockers en bordée
L’Anarchiste et le diable – voyages, cabarets et autres récits nous jette sur les routes d’Europe avec Normand Nawrocki, l’auteur, Luc Bonin (devenu Urbain Desbois) et quatre autres comparses de la formation Rythm Activism, des vétérans d’un « orchestre d’information rebelle» au style cabaret punk. Le livre nous communique le style échevelé d’un groupe qui allie des mélodies ukrainiennes réarrangées, des textes militants, un rock dévastateur et surtout un regard attentif aux exclus de l’underground que forment leurs auditoires et les squatters qui les accueillent dans les neuf pays visités en 45 jours. Le texte est assemblé comme une partition musicale entrelacée de souvenirs de la vie on the road, de répétitions jusqu’à l’épuisement sous l’oeil bienveillant des « dieux de la création », de légendes urbaines au souffle puissant et de lettres personnelles. Ces lettres datent des temps du véritable underground, ceux de la lutte antifasciste de la fin des années 1930 que menait l’oncle de Nawrocki, Harry, en Pologne occupée. L’auteur essaie de retrouver cet homme dans les villes où débarque la camionnette surchargée du groupe, entre deux balances de son, sans jamais plus de quatre heures de sommeil par nuit. J’ai particulièrement aimé la relation des rapports humains souvent difficiles entre les musiciens, des péripéties de coulisses qui ont rendu possible l’exploit de monter sans aide le spectacle dans des conditions d’épuisement croissant, de l’enthousiasme des auditoires qui a forcé les rockers à se surpasser, ainsi que de la passion bien rendue pour les racines musicales de Rythm Activism. L’Anarchiste et le diable, publié chez Lux, donne également à voir un autre visage de la ville européenne, ainsi qu’une autre perspective, que ce soit celle des squatters qui accueillent l’équipe ou celle des travailleurs immigrés que marginalise l’Europe néo-libérale. La figure du mendiant intraitable y est omniprésente. Voilà une belle métaphore des conditions de poète, de militant et de travailleur, ainsi que des forces vives qui leur permettent de continuer, en marge de la société policée. Avec une cinquantaine d’enregistrements musicaux, un spectacle de théâtre anti-sexiste et cinq livres de poésie et de fiction, Norman Nawrocki et Rythm Activism font honneur à la tradition du cabaret politique que pratiquait Bertolt Brecht au début du siècle dernier. Martin Dufresne
L’InfoBourg,
Juillet 2006
L'Anarchiste et le diable
À la fois le récit d’une tournée européenne, journal personnel, recueil de nouvelles et regard critique sur l’industrie de la musique, Norman Nawrocki nous entraîne dans les dessous de la musique indépendante et parallèlement nous expose au visage balafré de l’Europe en donnant la parole aux exclus et marginaux, les laissés-pour-compte du monde moderne. Chevauchant entre réalité et fiction, Nawrocki nous sert à la fois une peinture sociale crue et imagée, le portrait d’une scène rebelle et vivante qui refuse d’être étouffée et les angoisses et espoirs d’une Europe en mal de vivre. À travers ce récit, Nawrocki et son groupe de « rock and roll anarchiste » nous montre qu’au-delà des considérations purement matérielles, certains sont encore attachés à l’idée de partager leur art avec passion et que la musique peut être une force de changement.
David Murray
Le Libraire,
28 août 2006
Anarchiste et endiablé
Norman Nawrocki a été au coeur de la guérilla du groupe Rhythm Activism, qu’il co-fonda et anima avec emphase de ses textes rebelles, de sa voix de trublion et de son violon inspiré de 1985–1998. Montréal connu ainsi un groupe d’agit-prop de facture métisse alliant le caractère iconoclaste du cabaret, l’enracinement populaire du libre folklore d’Europe de l’Est et l’irrévérence tonique du punk. Que reste-t-il de ce groupe clef qui, pour citer Nawrocki, n’avait autre utilité que de «fournir de la musique de danse pour vos barricades, avant, pendant et après l’événement principal» sans oublier que les arts doivent être «une partie intégrante, quotidienne et émancipatrice du travail de transformation révolutionnaire, et non un élément ajouté comme décoration»? Bien entendu Nawrocki n’a de cesse, en anarchiste vivace, de multiplier les expériences avec de nouveaux groupes (DaZoque!, Bakunin’s Bum, The Montréal/Manhattan Project, etc.) et de se produire en «spoken word» avec une prédilection pour la vie, l’amour et… le sexe! Également parolier et écrivain, Nawrocki nous a offert Chasseur de tornades (EDAM/Les Pages Noires 1998) qui présentait des textes du groupe traduits en français. En 2003, l’activiste publiait The Anarchist and the Devil Do Cabaret (Black Rose Book) qui se voit maintenant offert dans une impeccable traduction sous le titre L’Anarchiste et le diable. Véritable jonglerie, ce livre récapitule les aléas et questionnements politiques d’une tournée européenne de Rhythm Activism, des rencontres avec des gens de la rue (clochards, prostituées, squatters, punks, etc.) et des lettres d’un original oncle polonais dont le père de Nawrocki l’a chargé d’en retrouver la trace. Cette part du livre ne manque pas de faire revivre en direct l’envahissement nazi et le déchirement de familles séparées; voire décimées. Du même coup, Nawrocki publie Letters from Poland/Lettres de Pologne (Les Pages Noires, 2006) un DC solo (violon, alto, tsymbaly, piano, accordéon) complémentaire au livre nouveau ajoute autant de dimensions et une résonance exceptionnelle à ces lettres troublantes. Lettres qui ont, indéniablement, un caractère universel à illustrer la bêtise humaine tout en induisant l’importance de, soi-même, participer à la résistance. Cela commence ici et maintenant puisque notre pays prétend guerroyer en notre nom… Ramon Vitesse
Le Couac,
Juin 2006
Europa, Punk city
La première rencontre directe que j’ai eu avec le groupe Rhythm Activism a eu lieu en 1994 dans un défunt bar nommé le Woodstock, situé sur St-Laurent. Ce soir-là, le duo était en première partie du trio néerlandais Dog Faced Hermans. Norman Nawrocki et Sylvain Côté présentaient un show rock politique tiré de l’album Blood and Mud, un hommage à la révolte zapatiste. Norman Nawrocki est un artiste touche-à-tout, un compositeur, un auteur, mais aussi un militant qui nous livre ses réflexions sur la vie, particulièrement sur l’art et la politique. Ce récit-fleuve nous livre, en plus, quelques fables populaires plantées dans le décor très urbain de certaines villes européennes. L’intérêt de ce journal de tournée tient à plusieurs éléments. La plume de l’auteur est vivante et sa prose moqueuse et crue. Les trois niveaux de récit (les lettres, les fables et le journal rock’n roll en tant que tel) s’imbriquent les uns dans les autres de manière fluide et naturelle. Parce que, malgré la forme différente, l’époque différente, le niveau de langage différent, le fond reste le même : un décor populaire, des gens bien ordinaires posant des gestes en apparence anodins, mais qui chacun et chacune à sa manière contribue à la résistance du quotidien contre l’oppresseur sous toutes ses formes (de l’occupant nazi à la pieuvre qu’est l’industrie de la musique). Norman Nawrocki est un vieux loup de la scène indépendante, il sait depuis longtemps pourquoi il n’a jamais voulu faire de musique pour les radios FM et des concerts formatés pour les promoteurs rapaces. À travers ses rencontres avec d’autres musiciens et musiciennes et aussi avec des trippeux de musique alternative, il nous redit avec force que l’art, tout comme l’ensemble de l’activité et de la création humaines, n’est pas un produit. Anarchiste articulé et fier de le proclamer sur toutes les tribunes, Nawrocki nous rappelle que la musique, et particulièrement les concerts, peut constituer un puissant relais dans la diffusion d’une vision libertaire pointée vers des changements radicaux. Ce journal plaira certes aux musiciens (entre autres en raison des anecdotes et des clichés de tournée) autant qu’au militant ou au néophyte curieux. Cette tournée de Rhythm Activism coïncidait avec la sortie du dernier effort du groupe qui s’appelle Jesus was gay ; il n’y a pas eu de concert de la fanfare punk-rock depuis quelques années… Ce livre est-il devenu, malgré lui, la note finale ? Norman Nawrocki seul le sait, mais le diable s’en doute… Mathieu Francoeur
À Bâbord !,
Juin 2006
|
|||||||||||||||||||||
