Le bâtiment Europa survivra-t-il à l’Europe?

Publié le 6 octobre 2018, dans Revue de presse Le bâtiment Europa survivra-t-il à l’Europe?

Réflexions sur les bâtiments européens à Bruxelles… Paul Magnette a un avis bien tranché sur le Parlement européen: « C’est un déni d’architecture, un déni d’urbanisme, un déni de tout. Il faudra bien le raser un jour. » Mais au-delà de ce « camembert » comme il l’appelle (les Bruxellois parlent plutôt de « Caprice des dieux » en raison de sa forme), qui vacille littéralement sur ses fondations, le bourgmestre de Charleroi et fin spécialiste de l’Europe plaide pour élaborer « un vrai plan » pour « donner une cohérence d’ensemble au quartier européen ». « Un peu comme avec l’UE: le moment est arrivé, après une soixantaine d’années, de se dire: on remet le projet à plat », dit-il dans l’essai « Bruxelles chantiers ». Dans ce livre engagé, qui vient de paraître chez l’éditeur québécois Lux, le journaliste français Ludovic Lamant s’amuse à analyser « l’éloquence » des bâtiments européens pour mieux cerner la nature du pouvoir qui siège à Bruxelles. On en tire une autre pépite de l’architecte Philippe Samyn, qui a signé le bâtiment Europa, le coeur névralgique du Conseil européen à la structure en forme d’amphore. Le Belge qualifie le bâtiment qu’il a dessiné « d’anti-bâtiment-monument » qui, dit-il crûment, « se trouve au milieu de nulle part, au bord d’un égout à bagnoles ». Contrairement au Parlement, le bâtiment du Conseil européen est solide, assure son concepteur. Plus solide que l’Europe elle-même? L’architecte médite la question: « Que faire de ce bâtiment si l’Europe n’existe plus? On peut se dire que l’on aura toujours besoin de grandes salles pour se chamailler. La probabilité est même assez grande, et ce, dans plusieurs langues. » Avec un Parlement bon à raser et un Conseil éternel, la capitale de l’Europe a de quoi voir venir…

L’Écho, 6 octobre 2018

Photo: © Photo News

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