Comment les classes dirigeantes utilisent l’émotion pour noyer la colère des citoyens

Publié le 28 septembre 2018, dans Revue de presse Comment les classes dirigeantes utilisent l’émotion pour noyer la colère des citoyens
Dans “La Stratégie de l’émotion” (éd. Lux), la journaliste au “Monde diplomatique” Anne-Cécile Robert livre une réflexion stimulante sur le rôle jouée par l’émotion dans nos démocraties. Et si l’omniprésence des larmes servait à nous démobiliser politiquement ?

Marches blanches, larmes exhibées par des responsables politiques, témoignages bouleversants de victimes et faits divers tragiques en « une » des journaux… Dans le champ politique comme dans le champ médiatique, l’émotion submerge le citoyen de toute part – voire l’assaille. Comme si solliciter la compassion, l’empathie, et, pour finir, les larmes, était devenu une fin en soi – parfois au détriment de l’analyse froide des causes sociales et économiques qui les provoquent, ces larmes. Comment expliquer cette crue incontrôlée de rivières lacrymales ? C’est la question à laquelle la journaliste au Monde diplomatique Anne-Cécile Robert cherche à répondre, dans La Stratégie de l’émotion (éd. Lux), un court essai aux idées longues.

“Neutraliser l’esprit de révolte et toute subversion potentielle”

Réadaptant l’expression de “stratégie du choc” popularisée par la militante canado-américaine Naomie Klein en 2008, qui décrivait la manière dont les élites néolibérales se servent des crises pour annihiler tout pouvoir de contestation citoyen, la professeure associée à l’université Paris 8 estime que la survalorisation des affects dans la société sert un but politique : celui de désarmer la volonté populaire. Pour elle, “l’une des fonctions de la stratégie de l’émotion est ainsi de neutraliser l’esprit de révolte et toute subversion potentielle”.

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Mathieu Dejean, Les Inrockuptibles, 28 septembre 2018.

Photo: Emmanuel et Brigitte Macron lors de la cérémonie d’hommage à Jean d’Ormesson, le 8 décembre 2017 (François Mori / AFP)