D’espoir et de raison, écrits d’une insoumise

Publié le 1 mai 2010, dans Revue de presse

Née dans le Michigan en 1866, Voltairine de Cleyre est la troisième fille d’une famille pauvre. Son père, Hector De Clair, qui lui donna un prénom en hommage à Voltaire, la plaça néanmoins en 1880 dans un couvent. L’adolescente y vécut trois années de meurtrissures qui éveillèrent chez elle l’«esprit ancestral de la rébellion». Influencée par la libre-pensée et le socialisme, elle affirme, en 1897: «En ce qui me concerne, c’est pour des raisons affectives et émotionnelles que je suis anarchiste.» À la force elle préfère le bouleversement; à l’énergie elle substitue l’effervescence; et plutôt que l’action elle choisit l’émotion.

Pour autant, le tout n’est pas en demi-teintes. Ainsi, brossant la condition des femmes au tournant du XXe siècle, elle affiche un féminisme éclatant et dénonce à quel point coïncident l’asservissement salarial dans la sphère publique et l’esclavage sexué dans la sphère privée. «Croyez à la force de votre âme et elle se frayera sa propre route. (…) À la fin de votre vie, vous pourrez fermer les yeux en disant : “Je n’ai point été gouverné par l’idée dominante de mon siècle. J’ai choisi ma propre cause et je l’ai servie.”»

Véronique Fau-Vincenti, Le Monde diplomatique, mai 2010

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