Enfumage hyperlibéral

Publié le 3 novembre 2016, dans Revue de presse

Avec Uber ou Airbnb, chacun peut se vendre à quiconque, à travers sa voiture, son appartement. Se prétendant au-dessus des réglementations et des États, les entreprises de cette prétendue «économie du partage» réduisent en fait les citoyens à des consommateurs sauvages et aggravent la précarisation du travail, comme le montre le spécialiste des nouvelles technologies Tom Slee. Il nous propose de dépasser le conte de fées libéral et de mettre au jour les motivations financières. «Au lieu d’aider les gens à prendre leurs vies en main, plusieurs entreprises de l’économie du partage privent leurs travailleurs d’avantages sociaux et de protections obtenus après des décennies de lutte acharnée, en créant des formes plus risquées, plus précaires, de travail mal rémunéré.» Il est temps de réagir. Pour rendre leurs droits aux travailleurs et employés de ces sites. Pour faire des «hôtes» et «visiteurs» des clients. Pour que le risque et la surveillance change de cible. Pour recadrer ces géants numériques et hyperlibéraux de l’enfumage.

Nicolas Mathey, L’Humanité, 3 novembre 2016

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