Frederick Douglass et son combat pour l’abolition de l’esclavage

Publié le 29 janvier 2019, dans Revue de presse Frederick Douglass et son combat pour l’abolition de l’esclavage
« Douglass est un monument. […] Il est né esclave, a réussi à s’enfuir et est devenu un grand abolitionniste américain. […] Mais aussi, il s’est prononcé sur une foule de sujets, pas seulement sur l’égalité des Blancs et des Noirs, et ses textes très marquants ont encore une résonance aujourd’hui », affirme Mylène Desautels, professeure d’histoire au Cégep Lionel-Groulx, qui rappelle l’importance de cet abolitionniste afro-américain.

Frederick Douglass naît esclave en 1818, au Maryland, sur une grande plantation; il porte le nom de Frederick Bailey. Les États-Unis sont indépendants depuis peu et se développent de manière fulgurante. Dans le sud du pays, l’esclavage s’intensifie malgré l’interdiction de la traite atlantique en 1808.

À 8 ans, il est envoyé à Baltimore dans la famille de son maître. Sa nouvelle maîtresse, qui n’est pas esclavagiste, lui apprend à lire et à écrire. Cependant, son maître ne l’entend pas ainsi et semonce sa femme. Frederick Douglass se rend alors compte que l’homme blanc exerce son pouvoir en restreignant l’éducation des Noirs.

À 14 ans, il retourne dans une plantation où il subit les sévices infligés aux esclaves, jusqu’à ce qu’il réplique en se battant contre son maître et qu’il remporte le combat.

Il retrouve sa dignité. Il se ressent de nouveau comme un homme, et le rêve de liberté qu’il a depuis qu’il a appris à lire et à écrire lui revient.

– Mylène Desautels, historienne

Frederick Douglass retourne à Baltimore et s’évade. Il se rend à New York; il est libre, mais en fuite.

Le militant

Durant les années 1840, Frederick Douglass milite pour l’abolition de l’esclavage. C’est là qu’il adopte le nom Douglass. Dès ses débuts, il captive les auditoires. En 1845, son autobiographie Mémoires d’un esclave devient un best-seller.

Il publie ce livre très précis en donnant des noms, des dates, des lieux, parce qu’il veut montrer sa crédibilité. On doute qu’un ex-esclave s’exprime aussi bien, avec intelligence. Il lutte aussi contre ce mythe du happy slave, l’esclave heureux bien traité par ses maîtres.

– Mylène Desautels, historienne

Frederick Douglass dans sa jeunesse. Photo: Domaine public

 

À partir de 1850, Frederick Douglass se radicalise. Le pays aussi. La même année, le Congrès adopte le Fugitive Slave Act, la loi des esclaves fugitifs, qui stipule que les États du nord doivent retourner dans le sud les esclaves qui trouvé refuge sur leur territoire.Frederick Douglass est alors convaincu qu’une guerre est nécessaire. Son souhait est exaucé avec la guerre de Sécession. Après ce conflit, son influence et son autorité en matière de libertés civiles sont reconnues.

Il est un témoin privilégié de la suite de la guerre. Après l’abolition de l’esclavage, les Noirs obtiennent la citoyenneté et le droit de vote. Mais il voit qu’Andrew Johnson [le président qui succède à Abraham Lincoln, NDLR] n’est pas du tout un fervent de la cause des Noirs.

– Mylène Desautels, historienne

Après la guerre de Sécession, l’esclavage est aboli, mais les États du sud mettent en place la ségrégation raciale. Frederick Douglass a donc encore une cause à défendre. Sa crainte s’avère réelle : le Nord abandonne les Noirs et dans les années 1870, le Sud impose la ségrégation.

Frederick Douglass continue de plaider pour l’égalité des Noirs aux États-Unis, mais épouse aussi d’autres causes, dont l’égalité entre les femmes et les hommes.

Aujourd’hui l’histoire, Radio-Canada, 29 janvier 2019

Photo: Frederick Douglass en 1879. Photo: Domaine public

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