Jobboom [en ligne], 7 mars 2013

Publié le 7 mai 2013, dans Revue de presse

Chris Hedges: tireur d’élite
Stéphane Plante

Le titre de l’essai, La mort de l’élite progressiste, porte en lui-même son lot de questionnements. Une élite progressiste, ça existe? De qui parle-t-on?

Le journaliste Chris Hedges définit ses «progressistes» (traduction contextuelle définissant l’anglais liberal) comme un réseau d’intellectuels inféodés au Parti démocrate américain. Ce dernier, aux dires de l’auteur, n’ayant rien à offrir politiquement aux classes laborieuses, récupère les contestataires d’hier en leur offrant des postes dans leur administration, dans les universités, dans des journaux prestigieux.

Citant Chomsky, Hedges rappelle qu’il est facile de pointer du doigt Fox News ou les démagogues de la droite américaine pour trouver des coupables à la dérive de la politique américaine tant en matière d’économie que de politique extérieure. Ses critiques formulées contre le gouvernement américain actuel feront sourciller ceux qui ont vu en Barack Obama un porte-étendard du renouveau démocratique aux États-Unis. Non, il n’est pas tendre envers cette administration qui voulait sauver la mise en retirant des soldats de l’Irak pour mieux déplacer des troupes additionnelles en Afghanistan.

Hedges décortique toute la logique du pouvoir : «Aussitôt que des gestes violents, même insignifiants, commencent à perturber les mécanismes de la gouvernance, l’élite du pouvoir les invoque pour justifier l’emploi d’une force disproportionnée contre les agitateurs réels ou présumés, ce qui a pour seul effet de nourrir la peur et la colère chez les dépossédés.» C’est à croire que Hedges a eu vent de la Loi 78…

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