La Presse [en ligne], 23 janvier 2013

Publié le 23 janvier 2013, dans Revue de presse

Gouvernance – Le management totalitaire : brasse la cage
Daniel Lemay

Tenant de la «pensée critique» qu’il enseigne en science politique à l’Université de Montréal, Alain Deneault brasse la cage. Avec méthode et persévérance.

Après le pillage minier, le philosophe se penche ici sur la notion de gouvernance, «mot-valise» venu de l’anglais managerial et arrivé dans le langage politique sous Margaret Thatcher, «joli nom» par lequel les technocrates désignaient «le projet d’adapter l’État aux intérêts et à la culture de l’entreprise privée».

Au lieu de produire de nouveaux «modes d’organisation du vivre-ensemble», la «doctrine» de la gouvernance se poserait en «art de la gestion pour elle-même», un art où règnent des considérations économétriques et managériales, «le seul sous-texte que connaît tout discours se réclamant de la gouvernance».

En 50 courts chapitres dans lesquels il fait montre d’un bon sens du punch, Deneault expose la mécanique de ce qu’il considère comme «un coup d’État conceptuel», où «feu le citoyen» a le choix de se faire partenaire des porteurs d’intérêts ou de s’effacer.

À l’heure où les institutions traditionnelles accusent un sérieux déficit de crédibilité, ce petit livre offre des repères aux esprits volontaires désireux d’apporter, du fond de leurs cages de droite et de gauche, leurs propres «gouvernances».

La Presse [en ligne], 23 janvier 2013