Malade!

Publié le 26 novembre 2018, dans Revue de presse

Avec son livre Malade! – Récits à savourer en attendant le médecin, Alain Vadeboncoeur «raconte les petits travers des gens du métier (et les siens!), les rencontres loufoques, les contrastes étonnants entre certains drames et leurs répercussions insolites» et «nous dévoile le côté givré que les professionnels de la santé ont parfois un peu de difficulté à révéler en public».

Avertissement : Le contenu de ce livre est basé sur des faits réels, mais ont été transformées pour préserver l’anonymat des personnes dont il parle et pour le plaisir…

Préface : Simon-Olivier Fecteau raconte une anecdote qu’il a (peut-être) vécue à l’urgence et explique pourquoi ce livre est important.

Prologue : L’auteur nous relate lui aussi une visite à l’urgence. On commence à réaliser que cela doit être un thème dominant dans ce livre…

1. Le spectacle étudiant : L’auteur nous présente :

  • son premier cours en médecine, en fait en biologie cellulaire, au cours duquel le prof abreuve les étudiant.es de mots et de concepts complexes;
  • la pause de ses études en médecine après trois années ardues;
  • une anecdote qui s’est déroulée lors de la première année de son retour;
  • les réactions à sa blague de la photo de graduation qu’on peut voir sur la couverture du livre;
  • trois événements bien différents survenus lors de gardes en résidence, et un autre lors de sa dernière journée de vacances précédant son entrée en fonction comme urgentologue;
  • sa première garde comme urgentologue.

2. Comédies dramatiques : Cette fois, presque toujours dans la salle d’urgence, nous avons droit :

  • à la présence d’un colosse drogué et incontrôlable (enfin, presque);
  • à un écrivain qui a trop de liquide… autour du cœur;
  • à un cyanosé étrange;
  • à des convulsions inquiétantes (mais pas dans la salle d’urgence);
  • à un fou-rire salvateur;
  • à un oubli inquiétant sans conséquence;
  • à un patient qui a de la difficulté à s’endormir;
  • à un patient littéralement gelé;
  • à un médecin malade un peu paranoïaque (pas dans la salle d’urgence, heureusement).

3. Scènes burlesques : Et ça continue, avec :

  • l’immersion de deux comédiens dans le milieu des soins d’urgence;
  • l’introduction d’une nouvel équipement de communication dans les salles d’urgence;
  • la présence à l’urgence d’un adolescent aux propos décousus;
  • la réception par l’auteur d’un subpoena incroyable;
  • des découvertes étonnantes en examinant une jeune patiente;
  • une scène tournée pour la télévision peut-être un peu trop réaliste;
  • l’importance de la concentration même pour les gestes routiniers les plus anodins.

4. Quiproquos : L’auteur poursuit dans la même veine (scusez-la…) en expliquant que :

  • une fausse alerte peut parfois très bien se comprendre;
  • tous les beeeps n’ont pas la même origine;
  • un poignet brisé est différent d’un cœur brisé;
  • il arrive qu’une ambulance n’attende pas l’autre;
  • certains gestes peuvent avoir un sens bien différent de celui qu’on leur prête habituellement;
  • on doit respirer, que ce soit par le nez ou par la bouche;
  • un pacemaker ne parle pas;
  • on ne sait pas toujours à qui on s’adresse;
  • un mot peut avoir plusieurs sens.

5. Happy ends : Finalement, on apprend que :

  • le hockey peut avoir une valeur thérapeutique;
  • certain.es infirmier.ères ont plus de succès que d’autres;
  • certains gestes peuvent avoir un sens bien différent de celui qu’on leur prête (bis);
  • le cœur peut être malade de bien des façons;
  • le doc aime les effets surprise!

Épilogue : Où on constate que certains actes médicaux peuvent parfois créer des liens imprescriptibles entre un médecin et un patient.

Et alors…

Lire ou ne pas lire? Lire, bien sûr! Je ne vois aucune raison pour ne pas le faire. Toutes les histoires racontées dans ce livre font rire, ou à tout le moins sourire. L’auteur est un excellent conteur qui sait en pourtant seulement quelques pages nous faire sentir à l’intérieur de ses histoires. En plus, chaque histoire se termine par un punch que j’ai eu bien de la difficulté à camoufler dans mes petits résumés d’une ligne, car ces punchs sont souvent en fait les véritables sujets de ces anecdotes. Je préférerai toujours les essais politiques, économiques ou historiques, comme l’excellent Privé de soins de cet auteur (que j’ai présenté dans ce billet), mais je ne peux pas nier avoir passé du bon temps en lisant celui-ci, beaucoup plus léger que ses précédents. Et, autre qualité, les notes peu nombreuses sont en bas de page.

Mario Jodoin, Jeanne Émard, 26 novembre 2018

Lisez l’original ici.