Naomi Klein: voyage dans l’œil du cyclone idéologique

Publié le 11 mai 2019, dans Revue de presse Naomi Klein: voyage dans l’œil du cyclone idéologique

Naomi Klein s’est rendue à Porto Rico après le passage de l’ouragan Maria, en 2017. Le livre qu’elle en tire montre le conflit devenu décisif entre deux idéologies : l’une favorable à intensifier le capitalisme, l’autre donnant la priorité au bien commun et à l’environnement.

« Etat libre associé », Porto Rico est pourtant dépourvu de souveraineté et son peuple est « soumis aux lois des Etats-Unis sans pouvoir voter aux élections présidentielles ou pour élire les membres du Congrès ». Le pays, à travers son histoire, « n’a cessé de servir de laboratoire grandeur nature pour des prototypes destinés à être ensuite exportés autour du monde ». Quand l’ouragan Maria le frappe, en septembre 2017, il a déjà subi, d’après Naomi Klein, une « triple dose » de « stratégie du choc » : en 2006, l’expiration des allégements fiscaux entraîne une fuite des capitaux ; après 2008, le gouvernement portoricain souscrit des obligations pour répondre à la crise financière et fait exploser la dette ; en 2016, le Congrès états-unien impose la tutelle du Financial Oversight And Management Board, « un organisme non élu […] prônant la privatisation de l’électricité et des écoles, l’augmentation des coûts des services de base, des compressions budgétaires draconiennes au chapitre de l’enseignement public, des retraites, des congés et d’autres droits – le tout afin de payer aux créanciers une dette de 73 milliards de dollars manifestement illégale, illégitime et impossible à acquitter ».

Routes bloquées, pénurie de carburants, réseaux d’électricité effondrés : Maria révèle avec force l’extrême vulnérabilité de Porto Rico et les erreurs commises, notamment la dépendance alimentaire, puisque « l’agriculture de l’île est essentiellement industrielle et nombre des cultures sont destinées à l’exportation et l’expérimentation.

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Mikaël Faujour, Marianne, 11 mai 2019