Qu’est devenue l’idée de nationalité?

Publié le 5 décembre 2016, dans Revue de presse
Une enquête sur la citoyenneté bien documentée et rendue vivante par la journaliste Atossa Abrahamian.

«Tant d’histoires commencent par des frontières»: c’est ainsi que démarre le livre Citoyennetés à vendre, écrit par la journaliste indépendante Atossa Abrahamian (qui contribue notamment au New York Times et à la London Review of Books). Et son parcours en est le reflet: «J’ai grandi sans appartenance à un territoire», affirme celle qui est citoyenne de la Suisse, où elle a passé son enfance; du Canada, où elle est née lors de vacances de sa mère; de l’Iran, où habitaient ses parents d’ascendances russe et arménienne avant de partir étudier en Europe. Dans une enquête captivante, riche de nombreuses histoires actuelles hallucinantes et pourtant si banales, l’auteure se penche sur ce qu’est devenue l’idée de citoyenneté, à l’ère des gigantesques mouvements de population et de la privatisation des États. Pourquoi la citoyenneté – le «droit d’avoir des droits», comme ra définie Hannah Arendt – est aujourd’hui refusée à des centaines de millions de personnes? Début de réponse dans ce bel ouvrage bien documenté et bien écrit, et qui conclut sur l’urgence climatique à laquelle on devra faire face ces prochaines années: «Pourra-t-on compter sur un nouveau Nansen pour offrir l’asile climatique à ces réfugiés, ou devront-ils se tourner vers le marché des passeports pour se forger une nouvelle identité? Ce sont ces enjeux-là qui guettent la citoyenneté au XXIe siècle».

C. B., Nouvelles d’Arménie, 5 décembre 2016