«Qu’est-ce qu’un gouvernement socialiste?» de Franck Fischbach

Publié le 26 avril 2017, dans Revue de presse
Après 5 ans d’un Président qui appartient au Parti Socialiste, et après les résultats, faibles, de ce même parti ce dimanche, c’est sûrement le bon moment pour se poser la question : qu’est-ce qu’un gouvernement socialiste ? C’est justement la question que pose Franck Fischbach dans son livre.

Après 5 ans d’un Président qui appartient au Parti Socialiste, et après les résultats, faibles, de ce même parti ce dimanche, c’est sûrement le bon moment pour se poser la question : qu’est-ce qu’un gouvernement socialiste ? Ou encore pour détecter « ce qui est vivant et ce qui est mort dans le socialisme »… Et ça tombe bien, car c’est le titre, et le sous-titre, du livre de Franck Fischbach, paru début avril aux éditions Lux.

Mais voilà, il faut distinguer ! Entre un parti qui se dit socialiste et le socialisme, il y a une différence ; et entre la gauche et le socialisme, il y a aussi une différence. Si c’est donc le bon moment de se demander ce qu’est un gouvernement socialiste, notamment en cette période où le socialisme ne mobilise plus les foules et n’apparaît plus du tout comme une force critique, Franck Fischbach nous met d’emblée en garde, je cite, « les partis politiques qui portent encore le nom de « socialiste » dans les pays occidentaux « n’ont de socialiste que le nom »…

La question posée est donc d’autant plus essentielle, c’est-à-dire à la fois fondamentale et portant sur l’essence du socialisme : qu’est-ce donc que le socialisme si ce n’est plus aujourd’hui ce qui peut apparaître comme un secours, comme une force critique face au libéralisme, au capitalisme ou au nationalisme ? et qu’est-ce donc que le socialisme si ce n’est même plus qu’un nom ?

Eh bien, tout est pourtant dans le terme-même de « socialisme » : le social. Un gouvernement socialiste, c’est un gouvernement qui met l’accent sur le social. Mais alors : qu’est-ce que le social ? Est-ce que ce sont les relations qui nous lient les uns aux autres ? Les rapports économiques de classe qui lient des travailleurs et des producteurs ? Ou est-ce l’espace public constitué par les citoyens et dans lequel se forment les luttes contre les formes de domination ? Et pourquoi ces caractéristiques ne seraient-elles propres qu’au social du socialisme ?

Tel est bien l’enjeu : dégager le sens du social, et du socialisme, pour l’adresser à tous, pour nous envelopper tous, sans pour autant en faire une forme vide, facile… Mais telle est la question : à quoi ressemble une relation à l’autre, pour que se constitue le social, c’est-à-dire une coopération rationnelle et consciente d’elle-même ?

Écoutez la chronique du 26 avril 2017 de Géraldine Mosna-Savoye, de l’émission Deux minutes papillons sur France Culture.