Qui sont ces méchants «black blocs»?

Publié le 29 novembre 2019, dans Revue de presse

Dans la manif, il y a les gentils manifestants et il y a les méchants manifestants. Le pouvoir et les vrais grands médias ne cessent de vous le répéter. Il y a le brave peuple naïf et sincère (en jaune) mais hélas il y aussi ces casseurs, ces « black blocs » (en noir).

Depuis longtemps, les flics ont été dressés à manipuler la violence dans les manifs. Ils savent comment provoquer et obtenir les images qui discréditent la lutte. Sauf depuis le soulèvement des « gilets jaunes », il y a un an, où l’opinion a admis qu’une certaine violence est nécessaire pour se faire entendre.

Mais qui sont ces bêtes noires ? Des idiots utiles ou des alliés efficaces ? Professeur de science politique à l’université de Montréal, Francis Dupuis-Déri, chercheur engagé, les connait depuis longtemps de l’intérieur. La violence de la rue a montré la violence mille fois plus violente de l’arrogance des riches, du chômage, de la précarité, des inégalités et de la destruction des ressources humaines et naturelles.

Enfumer, tromper, réprimer, arracher les yeux ou les mains des modestes. Réduit à une brutalité imbécile, le pouvoir exécutif montre sa médiocrité politique. S’il tient encore, c’est grâce à nos résignations et à nos divisions. Il y a urgence à retrouver et à inventer les chemins qui mènent à la grande place commune. Ces chemins passent par la guerre des idées. Francis Dupuis-Déri regarde le monde à travers le prisme de l’Anarchie. Soit l’ordre moins le pouvoir. L’Anarchie a une histoire multiple et têtue. Une manière de voir et de faire qui peut inspirer les temps qui courent et qui vont courir devant l’histoire qui nous mord la nuque.

Une rencontre avec Francis DUPUIS-DERI, chercheur, professeur de science politique à l’université du Québec, et auteur de « Nous n’irons plus aux urnes. Plaidoyer pour l’abstention » (Lux, 2019).

Daniel Mermet, Là-bas si j’y suis, 29 novembre 2019

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